Publié le : 07 Juin 2026
Edité le : 07 Juin 2026
par "Comité du CENAC"
Préparation
Structuration interne: le groupe d'observation s'est réuni plusieurs jours à l'avance, puis le matin même de la manifestation pour se distribuer définitivement les rôles, organiser les contacts pendant la manifestation et recevoir des éléments de formation avec l'appui d'une personne d'Amnesty International. Il a été décidé qu'un membre du groupe resterait aux côtés du commandant de la police municipale et que les trois autres membres iraient observer aux abords du cortège le suivi des événements, soit en restant groupé-e-s soit en se tenant en contact téléphonique.
Contact avec les manifestant-e-s: comme iels ne voulaient pas indiquer de noms d'organisateur-rice-s afin de ne pas faire encourir de risques individuels en matière de responsabilité, seul le suivi des réseaux sociaux a permis de se renseigner sur les intentions des intéressé-e-s; des contacts interpersonnels avec des personnes semblant les connaître ont permis de leur faire savoir que le CENAC allait mettre sur pied un groupe d'observation.
Contact avec les contremanifestant-e-s: compte tenu de l'annonce tardive de leurs intentions et faute de pouvoir les identifier, le groupe d'observation n'a pas cherché à leur faire savoir que le CENAC allait mettre sur pied un groupe d'observation; il devrait sans doute en aller différemment, si possible, en une autre occasion comparable.
Contact avec les autorités: un des membres du groupe s'était entretenu l'avant-veille de la manifestation avec le commandant de la police municipale et en connaissait de ce fait la doctrie d'intervention: encadrer, protéger le droit de manifester, ne pas s'opposer si le cortège ne suivait pas le parcours assigné par les autorités mais celui qui avait été annoncé initialement, séparer les protagonistes en cas d'affrontement, protéger les personnes et les biens le plus possible; ce contact a permis de s'assurer que, contrairement à ce qui s'était produit en automne 2025 lors d'une contremanifestation propalestinienne, les unités d'intervention de la police cantonale avec canons à eau et chars urbains ne se tiendraient pas à proximité visible du cortège, de manière à ne pas attiser les tensions. Vers 14 h 10, le groupe d'observation est arrivé, pour une ultime mise au point avant la manifestation, à l'Hôtel de police. Il aurait fallu le faire plus tôt, afin d'éviter d'en sortir ensuite alors que nombre de manifestant-e-s se trouvaient déjà sur place et pouvaient penser que le groupe faisait partie de la police; ou alors sortir à l'arrière du bâtiment, sur la rue de Couvaloup.
Identification: la police a procuré au groupe des gilets orange. À l'avenir, il faudra en faire fabriquer avec la mention "Observation neutre" et le logo du CENAC.
Déroulement
Horaire et parcours: le cortège a pris son départ à 15 h 35 de la rue de l'Industrie, il a viré devant l'Hôtel de police en direction du Tunnel entre 15 h 40 et 16 h 10, prenant donc le chemin qui avait été annoncé initialement et non le parcours assigné par les autorités, sans que - comme prévu - la police intervienne. Le cortège a ensuite passé par la Riponne, Bel-Air, Saint-François, Benjamin-Constant, la Caroline, César-Roux, rue Saint-Martin, la place de l'Europe pour arriver vers 19 h à l'esplanade de Montbenon et y demeurer au cours de la soirée. Un service de nettoyage ("voiture-balai") des manifestant-e-s a été remarqué; il précédait le service officiel de la propreté urbaine, chargé entre autres de nettoyer les tags au fur et à mesure.
Manifestant-e-s et contremanifestant-e-s: au passage devant l'Hôtel de police, le commandant de police et son chargé de communication évaluaient le nombre des manifestant-e-s à 3'500 - 4'000, dont 30 environ en combinaisons roses et rouges avec masques et groupés; d'autres en habit noir avec foulards, parfois épars ont été observé par les policier-ère-s lorsqu'iels faisaient la circulation. Sur l'esplanade de Montbenon, peu de gens sont restés, car le temps était mauvais: froid avec pluie. Un char décoré et intiutlé "Medical team", servant au besoin de service sanitaire interne, a été observé dans le cortège, mais on peut regretter qu'il n'ait pas été aisément identifiable comme tel et annoncé aux autorités bien à l'avance.
Contremanifestant-e-s: vers 15 h, les néonazi-e-s ont annoncé sur les réseaux sociaux qu'iels ne viendraient pas et en ffet iels ne sont pas apparu-e-s.
Événements notés: des torches, des pétards, des fumigènes à main (dont certains émettaient une fumée noire, devenant ensuite blanche, toxique, qui n'a guère touché les gens du cortège, notamment pas les enfants, qui étaient pour la plupart dans un secteur bien déterminé et encadré). Un fumigène a atteint un balcon de la Riponne, dont les occupant-e-s (qui regardaient le cortège) ont dû reculer pour éviter d'être atteint-e-s). Des tags ont été bombés à la place Saint-François (sur les bâtiments de l'UBS et de la BCV). Une effigie de Bernard Nicod a été détruite symboliquement sur l'esplanade de Montbenon.
Affrontements: aucun.
Encadrement: la circulation était gérée. Quid des ambulances ou du Service du feu qui par hypothèse devraient intervenir en urgence au centre de la Ville?
Réactions
Il y a eu une intervention UDC au Conseil communal de Lausanne sur les dégâts (au demeurant très limités). On a noté aussi une communication de commerçants (ALCV) attendent des autorités une position claire, sans ambiguïté., avec des garanties fermes sur plusieurs points essentiels, dont la gestion des manifestations permettant d’éviter les débordements et de préserver l’activité économique.
Les compte-rendus des médias ont été mesurés et à première vue factuels, si ce n'est une titraille douteuse (indiquant que les manifstsnt-e-s avaient "nargué" la police) au vu du déroulement plustôt calme de ce carnaval.
Conclusions
L'événement s'est passé de façon satisfaisante au point de vue du respect tant des libertés d'expression et de réunion que de l'ordre public, même si la communication préalable du public n'était pas sans doute suffisante et que la menace planant sur une prétendue responsabilité collective des organisateur-rice-s n'a pas facilté les discussions préalables, faisant ainsi courir un risque de malentendus et d'affrontements, qui heureusement ne se sont pas avérés.
Luc Recordon/20.5.26